Sophie est responsable d'équipe dans une entreprise de services. Elle est venue à l'équicoaching avec de la curiosité et beaucoup de scepticisme. Voici son récit, inspiré de parcours réels que nous accompagnons chez Equaizen.
Le point de départ : une question qui tournait en boucle
Quand j'ai entendu parler d'équicoaching pour la première fois, ma réaction a été un mélange de curiosité et de doute. Un cheval qui vous aide à résoudre vos problèmes professionnels ? Cela paraissait tellement éloigné de tout ce que je connaissais.
À ce moment-là, je traversais une période compliquée au travail. Mon équipe était en croissance, les responsabilités s'accumulaient, et je sentais que ma manière de communiquer ne fonctionnait plus. J'avais l'impression de ne pas être entendue, de devoir constamment me répéter, de m'épuiser à vouloir tout porter. Mes collègues me percevaient comme directive. Je me voyais comme impliquée. Il y avait un fossé.
J'avais déjà fait quelques séances de coaching classique, et cela m'avait aidée à mettre des mots sur ce que je vivais. Mais je sentais que quelque chose m'échappait, quelque chose que je n'arrivais pas à saisir uniquement par la parole. C'est là que Marylou m'a proposé de tenter l'équicoaching.
L'arrivée au centre : un autre monde
Le jour de ma première séance, j'ai été frappée par le calme de l'endroit. Après des semaines de réunions en salle de conférence et d'emails à n'en plus finir, arriver dans cet espace de nature, avec le bruit du vent et l'odeur de la terre, ça fait quelque chose. On est tout de suite ailleurs.
Marylou m'a d'abord rassurée : pas question de monter à cheval, pas besoin de s'y connaître. Tout se fait à pied, en toute sécurité. Nous avons pris un moment pour parler de ce que je vivais, de ce que j'attendais de la séance. Puis nous sommes allées rejoindre le cheval.
La rencontre avec le cheval : le miroir
On m'a présenté un grand hongre au regard tranquille. Je devais simplement m'approcher de lui, établir un contact, puis essayer de le guider dans un petit parcours, sans corde, uniquement par ma présence.
Les premières minutes ont été déstabilisantes. Je me suis approchée avec assurance, comme je le fais d'habitude en réunion : le pas décidé, l'énergie haute. Le cheval a reculé. Il s'est tourné et est parti dans l'autre direction.
J'ai insisté. Je me suis rapprochée plus vite, avec plus de détermination. Il a reculé encore. Marylou m'a alors demandé de m'arrêter, de respirer, et de simplement observer ce qui se passait. Elle m'a posé une question toute simple : comment est-ce que j'aborde les gens, d'habitude, quand j'ai besoin qu'ils me suivent ?
La réponse m'a frappée comme une évidence. Exactement comme ça. Avec énergie, détermination, rapidité. Et souvent, les gens reculent aussi. Pas physiquement, mais ils se ferment, résistent passivement, se désengagent.
Le déclic : ralentir pour être suivie
Marylou m'a invitée à essayer autrement. À ralentir. À baisser mon énergie. À me poser là, sans rien attendre, et à laisser le cheval venir à moi.
Ce n'était pas facile. Pour quelqu'un comme moi qui est habituée à agir, à décider, à avancer, le simple fait de rester immobile et d'attendre était presque inconfortable. J'avais l'impression de perdre du temps, de ne rien faire.
Et pourtant. Au bout de quelques minutes, le cheval a tourné la tête vers moi. Il a fait quelques pas. Puis il s'est approché et a posé son nez contre ma main. J'ai senti ses naseaux chauds, sa respiration calme. C'était un moment de connexion pure, sans parole, sans stratégie.
J'ai pleuré. Je ne m'y attendais pas du tout. Mais c'était comme si je comprenais, dans mon corps, quelque chose que mon mental savait déjà sans arriver à l'intégrer : pour être suivie, je n'avais pas besoin de forcer. J'avais besoin d'être présente.
L'après : des changements concrets
En débriefing, nous avons fait le lien entre ce qui s'était passé avec le cheval et mon quotidien professionnel. J'ai réalisé que mon mode de fonctionnement, performant et efficace sur le papier, créait en réalité de la distance avec mon équipe. Je ne laissais pas d'espace aux autres pour s'exprimer, pour trouver leur propre rythme.
Cette prise de conscience n'est pas restée théorique. Parce que je l'avais vécue physiquement, émotionnellement, elle s'est ancrée différemment. Dans les semaines qui ont suivi, j'ai commencé à changer des petites choses :
- En réunion, j'ai appris à laisser des silences, à poser des questions ouvertes plutôt qu'à imposer mes solutions
- Avec mon équipe, j'ai commencé à prendre le temps de vérifier comment les gens se sentaient avant de lancer les sujets
- Face aux résistances, au lieu d'insister plus fort, j'ai appris à reculer d'un pas et à chercher à comprendre
Les résultats ont été progressifs mais réels. Mon équipe est devenue plus autonome. La communication s'est fluidifiée. Et moi, je me suis sentie moins seule dans ma fonction de leader.
Ce que je dirais à quelqu'un qui hésite
Si je devais donner un conseil à quelqu'un qui hésite à essayer l'équicoaching, je dirais ceci : venez sans attentes. Laissez-vous surprendre. Le cheval ne vous jugera pas, il ne vous donnera pas de conseil, il ne cherchera pas à vous plaire. Il vous montrera simplement, avec une honnêteté désarmante, ce que vous dégagez réellement.
C'est parfois déstabilisant. C'est souvent émouvant. Et c'est toujours éclairant.
Aujourd'hui, plusieurs mois après mes séances, je continue de penser à ce moment où le cheval est venu vers moi. C'est devenu une sorte de rappel intérieur : quand je sens que je force, que je pousse, que je m'agite, je me souviens de ce qu'il m'a appris. Ralentir. Être présente. Faire confiance.
Les grands changements se font de petits pas. Et parfois, ils commencent avec un cheval qui vous regarde droit dans les yeux.
Ce témoignage est inspiré de parcours réels accompagnés chez Equaizen. Le prénom a été modifié pour préserver l'anonymat.
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