Estime de soi : la comprendre et la renforcer

3 août 2026 · Lecture 25 min

Par Marylou Rivaud-Marantier, coach et équicoach professionnelle certifiée, fondatrice du Centre Equaizen — 13 ans en postes de direction salariée, certifications IPOCAMPUS 2020, équicoaching selon la méthode EPONA.
Publié le 3 août 2026 · mis à jour le 3 août 2026.

« Estime de soi » fait partie de ces mots qu'on emploie tous les jours sans jamais les définir. On la dit basse, fragile, à reconstruire — et on la confond presque systématiquement avec la confiance en soi. Tant que la confusion tient, on travaille dans la mauvaise direction : on s'entraîne à oser davantage alors que le problème n'est pas là.

Cette page pose d'abord la distinction, parce qu'elle change ce qu'on travaille — et elle dit tout de suite ce qu'elle vaut : c'est une distinction de travail, pas un résultat démontré. Elle décrit ensuite d'où vient l'estime de soi, ce qui l'abîme, et par quels leviers elle se remet en mouvement. Elle rapporte aussi, sans les arranger, les résultats de recherche qui contredisent les promesses habituelles du sujet — y compris ceux qui nuancent sa propre thèse. Et elle dit à partir de quel moment ce n'est plus un coach qu'il vous faut.

Qu'est-ce que l'estime de soi, et en quoi diffère-t-elle de la confiance en soi ?

L'estime de soi est ce que vous croyez valoir. La confiance en soi est ce dont vous vous croyez capable. Ce n'est pas une nuance de vocabulaire : ce sont deux objets qui se construisent et se travaillent différemment.

La confiance est située : elle porte sur une action précise, dans un contexte précis — animer une réunion, annoncer un tarif, poser une limite à quelqu'un qui compte. Elle se construit par des expériences réussies et se déplace quand on agit.

L'estime, elle, est globale. Elle ne porte pas sur ce que vous faites mais sur ce que vous pensez être : c'est un verdict, pas une compétence. Et parce qu'il s'agit d'un verdict, il résiste très bien aux preuves — on peut aligner les réussites et continuer de penser qu'on ne vaut pas grand-chose.

La conséquence pratique est là, et presque personne ne la formule : on peut avoir une grande confiance dans son métier et une estime de soi basse. Quelqu'un qui pilote une équipe sans trembler, qui parle en public sans y penser — et qui se juge malgré tout peu digne d'intérêt dès qu'on sort du terrain professionnel. C'est déroutant pour l'entourage, qui ne voit que la compétence.

Estime de soi et confiance en soi : deux objets distincts Comparaison en deux colonnes. À gauche, l'estime de soi : ce que je crois valoir, une évaluation globale de la personne, construite tôt par le regard reçu, qui se travaille en interrogeant la règle avec laquelle on se juge. À droite, la confiance en soi : ce dont je me crois capable, une évaluation située portant sur une action précise, construite par des expériences vécues, qui se travaille en agissant. On peut être très confiant dans son métier et s'estimer peu. L'estime de soi ce que je crois valoir La confiance en soi ce dont je me crois capable « Est-ce que je vaux ? » « Est-ce que je peux ? » Globale : porte sur la personne Située : porte sur une action Construite tôt, par le regard reçu Construite par des expériences vécues Se travaille en interrogeant la règle avec laquelle je me juge Se travaille en agissant, même très petitement on peut avoir l'une sans l'autre
Savoir laquelle des deux est en jeu évite de travailler des mois dans la mauvaise direction.

Cette distinction est-elle un fait scientifique établi ?

La distinction entre estime et confiance est une distinction de travail, utile en séance — et non un résultat empirique démontré. Timothy A. Judge, Amir Erez, Joyce E. Bono et Carl J. Thoresen ont publié en 2002, dans le Journal of Personality and Social Psychology (vol. 83, n° 3, p. 693-710), quatre études comparant quatre mesures : estime de soi, névrosisme, locus de contrôle et sentiment d'efficacité personnelle généralisé. Leurs résultats méta-analytiques indiquent que les mesures des quatre traits « sont fortement liées », qu'un facteur unique explique les relations entre elles, et qu'elles « présentent une validité discriminante relativement faible ». Les auteurs posent la question dès leur titre : ces quatre mesures sont-elles les indicateurs d'un même construit central ? C'est ce qu'ils appellent les core self-evaluations.

Deux précisions s'imposent avant d'en tirer quoi que ce soit. La première : ce que Judge et ses collègues mesurent est le sentiment d'efficacité personnelle généralisé, pas la confiance dans une situation précise — ce n'est donc pas exactement l'objet de cette page. La seconde est plus importante : une distinction peut être discutable comme mesure et rester juste comme outil. Séparer « ce que je vaux » de « ce dont je suis capable » ne décrit peut-être pas deux dimensions statistiquement indépendantes ; ça n'empêche pas que la question « laquelle des deux est en jeu ici ? » change ce qu'on travaille en séance. Cette page assume la distinction à ce titre, et pas à un autre.

La première séance sert souvent à trancher entre les deux, parce que le travail n'est pas le même — c'est le point de départ de l'accompagnement sur la confiance et l'estime de soi.

D'où vient l'estime de soi ?

Trois sources reviennent dans ce que j'entends en séance, et aucune n'a été choisie par la personne : le regard reçu très tôt, des critères hérités, et la comparaison. Ce découpage est un découpage de travail — la recherche sur les déterminants de l'estime de soi en retient d'autres, dont une composante génétique. Une réserve d'emblée, ensuite, parce qu'elle circule partout : beaucoup de pages affirment que « tout se joue avant 6 ou 7 ans ». Cet âge ne vient pas d'une étude : la formule remonte à une devise jésuite, « donnez-moi un enfant jusqu'à sept ans et je vous donnerai l'homme » — c'est par elle qu'Ulrich Orth et Richard W. Robins ouvrent le chapitre cité plus bas, avant de montrer que l'estime de soi continue d'évoluer bien après l'enfance. Ils reconnaissent en revanche à l'environnement de la petite enfance un rôle partiel et durable.

Du regard reçu avant d'avoir pu le discuter

L'estime de soi ne naît pas d'une décision. Elle se dépose tôt, à partir de ce que des adultes ont renvoyé d'un enfant qui n'avait aucun moyen de contester le verdict : un « tu es lent », une comparaison répétée avec un frère ou une sœur. Ce qui se transmet n'est d'ailleurs pas seulement le jugement, c'est la façon de se juger — et on continue de l'appliquer longtemps après que ses auteurs sont sortis de notre vie.

Des critères qu'on n'a pas choisis

Demandez-vous ce qui, pour vous, rend une personne estimable. La réponse arrive souvent trop vite pour avoir été construite : la réussite professionnelle, l'utilité aux autres, le fait de ne jamais déranger. Ce sont des critères, et ils ne vous appartiennent pas nécessairement. Une part du travail sur l'estime consiste à examiner cette règle de mesure — pas pour la jeter, mais pour savoir à qui elle appartient.

De la comparaison, qui n'a jamais de fin

L'estime se construit aussi par comparaison, et c'est là que le mécanisme devient épuisant : il n'existe aucune position d'où l'on ne voit quelqu'un de plus avancé. La comparaison ne conclut jamais — elle produit un classement où l'on occupe toujours une place provisoire.

Qui a construit l'échelle qui mesure l'estime de soi ?

L'échelle d'estime de soi de référence est due à Morris Rosenberg, sociologue, alors chercheur au National Institute of Mental Health (il ne rejoindra l'université du Maryland qu'en 1975), qui la publie en 1965 dans Society and the Adolescent Self-Image (Princeton University Press, 326 pages). Elle tient en 10 items et mesure une estime de soi globale — le sentiment de valeur personnelle, dans ses versants positif et négatif — et non une compétence particulière. Soixante ans après sa parution, elle reste l'échelle d'estime de soi la plus employée en recherche — c'est elle qu'utilisent, entre autres, les travaux cités plus bas d'Ulrich Orth, de Julia Friederike Sowislo et de Roy F. Baumeister.

Une confusion mérite d'être levée au passage, parce qu'elle circule y compris dans des textes sérieux : Morris Rosenberg n'est pas Marshall Rosenberg. Le second, psychologue clinicien (1934-2015), docteur en psychologie clinique de l'université du Wisconsin en 1961, a fondé en 1984 le Center for Nonviolent Communication et créé la communication non violente — l'un des outils utilisés au Centre Equaizen. Son œuvre porte sur la communication et l'empathie, non sur l'estime de soi comme objet de mesure. Deux hommes, deux disciplines, un homonyme : voir passer « l'échelle de Rosenberg » attribuée à un psychologue est le signe d'une page qui n'a pas vérifié sa source.

Retenir la distinction a une utilité concrète. Ce que mesure cette échelle est un ressenti global de valeur, à un instant donné. Aucune note n'en sort qui dirait ce que vous valez, et aucun accompagnement ne se fonde sur un score.

Personne accompagnée en séance d'équicoaching, au sol auprès d'un cheval, au Centre Equaizen
« L'estime ne se démontre pas par un argument. Elle se déplace quand quelque chose a eu lieu. » Au Centre Equaizen, près de Lyon

Manque d'estime de soi : à quoi ça se reconnaît au quotidien

Un manque d'estime de soi ne se présente presque jamais comme tel. Il se lit dans des détails répétés, pris pour des traits de caractère :

  • Vous ramenez le compliment à la circonstance : ce n'était pas difficile, l'équipe a aidé, vous avez eu de la chance.
  • Vous vous excusez d'exister : d'occuper du temps, de poser une question, d'avoir un avis. Le « désolé » est devenu une ponctuation.
  • Vous acceptez ce que vous ne conseilleriez à personne : un tarif trop bas, une relation qui vous abîme, une charge inacceptable.
  • Vous vous parlez comme vous ne parleriez jamais à un ami : le commentaire intérieur est sec, définitif, sans appel.
  • Vous cherchez la confirmation en boucle : relire dix fois un message, demander à trois personnes si « ça va comme ça ».
  • Vous n'avez pas d'avis sur ce que vous voulez : vos préférences vous semblent secondaires par nature.

Aucun de ces points, isolé, ne dit rien : c'est leur permanence qui compte, et le fait qu'ils soient devenus invisibles de l'intérieur. Cette liste vient de ce que j'entends en séance. Ce n'est pas un test, ce n'est validé par rien, et elle ne remplace l'avis d'aucun professionnel.

Un mot, en revanche, sur ce qu'un manque d'estime n'explique pas. On lit couramment qu'il serait à l'origine de la violence, de l'échec scolaire ou des conduites à risque. Roy F. Baumeister et ses collègues sont plus nuancés que cela dans la revue présentée plus bas : ni une estime haute ni une estime basse n'est une cause directe de la violence, et une estime de soi élevée n'empêche pas les enfants de fumer, de boire, de consommer des drogues ou d'avoir des rapports sexuels précoces. Ils écrivent en revanche qu'une faible estime de soi peut contribuer aux comportements d'extériorisation et à la délinquance, en relevant aussitôt que d'autres études ne trouvent aucun effet, ou le voient disparaître une fois les autres variables contrôlées ; et qu'elle constitue un facteur de risque des troubles du comportement alimentaire, en particulier la boulimie. Un manque d'estime coûte cher à celui qui le porte ; il n'explique pas tout ce qu'on lui fait porter.

Ce qui mine l'estime de soi

Trois mécanismes reviennent presque toujours dans ce que j'entends en séance : la comparaison sociale, le perfectionnisme et la dépendance à l'approbation. Ils ont en commun de placer la source de la valeur à l'extérieur de soi, là où elle ne peut pas être fabriquée.

La comparaison sociale, en continu

Se comparer est un réflexe utile : il sert à se situer. Ce qui a changé, c'est le volume. On ne se compare plus à quinze personnes du village mais à un flux continu de trajectoires dont on ne voit que les moments présentables. La comparaison se fait alors entre votre intérieur — que vous connaissez entièrement, doutes compris — et l'extérieur d'autrui. L'issue est écrite d'avance.

Le perfectionnisme, qui déplace la ligne d'arrivée

Le perfectionnisme passe pour une exigence. C'est souvent un dispositif de protection : tant que ce n'est pas parfait, ce n'est pas jugeable. Il rend surtout toute réussite provisoire — ce qui est terminé aurait pu être mieux fait, ce qui est bien fait aurait dû l'être plus vite. L'estime n'est jamais alimentée.

Un chiffre daté existe sur ce mécanisme, et il est contre-intuitif : le perfectionnisme augmente. Thomas Curran et Andrew P. Hill ont publié en 2019, dans Psychological Bulletin (vol. 145, n° 4, p. 410-429), une méta-analyse de 164 échantillons et 41 641 étudiants américains, canadiens et britanniques interrogés entre 1989 et 2016. Le perfectionnisme dit socialement prescrit — la perception que les autres exigent de nous la perfection — y progresse de 32 % : l'étudiant moyen de 1989 se situait au 50e centile de la distribution, celui de 2017 au 66e (nouvelle fenêtre, PDF). Le perfectionnisme orienté vers soi progresse de 10 % au même sens (50e centile en 1989, 55e en 2017), celui orienté vers autrui de 16 % (50e puis 58e). Ces trois pourcentages mesurent l'augmentation de la proportion d'étudiants situés au-dessus de la moyenne de 1989, et non une hausse des scores eux-mêmes.

Deux limites à garder en tête. Ces données portent sur des étudiants anglophones, pas sur des adultes français en milieu de carrière. Et une hausse moyenne ne dit rien de votre cas particulier. La lecture utile est ailleurs : la pression à être parfait n'est pas une invention de votre part, et le perfectionnisme le plus documenté est justement celui qu'on croit lire dans le regard des autres.

La dépendance à l'approbation

Quand la valeur est indexée sur le regard des autres, elle devient une monnaie qu'on ne fabrique pas soi-même. Un mot de travers fait tomber la journée ; une absence de retour est lue comme un désaveu. Cela oblige surtout à un fonctionnement coûteux : dire oui trop vite, se rendre indispensable, anticiper les attentes de tout le monde. Ce fonctionnement tient des années, jusqu'au jour où la fatigue le rend intenable.

Jennifer Crocker et Lora E. Park décrivent le piège en une phrase, dans The Costly Pursuit of Self-Esteem (Psychological Bulletin, 2004, vol. 130, n° 3, p. 392-414) : les personnes qui recherchent l'approbation des autres tout en craignant leur rejet « créent exactement ce qu'elles ne veulent pas ».

Est-ce le niveau d'estime de soi qui compte, ou la manière de la poursuivre ?

La question du niveau — haute ou basse — n'est peut-être pas la bonne question. Jennifer Crocker et Lora E. Park avancent, dans le même article, que « l'importance de l'estime de soi tient davantage à la façon dont les gens s'efforcent de l'obtenir qu'au fait qu'elle soit haute ou basse ». Il s'agit d'une revue théorique et non d'une étude expérimentale : ce qu'ils avancent là est une proposition, qu'ils résument ainsi : « les bénéfices émotionnels de court terme de la poursuite de l'estime de soi sont souvent dépassés par ses coûts de long terme ».

Traduit en langage de tous les jours : dès que votre valeur personnelle est mise en jeu dans un domaine — la réussite professionnelle, l'apparence, l'approbation d'une personne précise —, chaque succès vous soulage quelques heures et chaque échec vous coûte des semaines. Le compte n'est jamais à l'équilibre. Voilà pourquoi la phrase qui suit tient : ces trois mécanismes placent la source de la valeur à l'extérieur, et tant qu'elle y reste, aucune réussite n'est capitalisée.

On ne se convainc pas d'avoir de la valeur. On finit par le constater.

Une bonne estime de soi rend-elle vraiment plus performant ?

Une estime de soi élevée n'est pas un prédicteur solide de la réussite scolaire, professionnelle ou relationnelle — et c'est l'un des résultats les mieux documentés du domaine, en même temps que l'un des moins repris. Le seul lien robuste porte sur le bonheur. Toute page qui vous promet des performances en échange d'un travail sur votre estime de soi va donc au-delà de ce qui est démontré.

Que conclut la revue de référence de 2003 ?

Roy F. Baumeister, Jennifer D. Campbell, Joachim I. Krueger et Kathleen D. Vohs ont publié en 2003, dans Psychological Science in the Public Interest (vol. 4, n° 1, p. 1-44), une revue de 44 pages intitulée Does High Self-Esteem Cause Better Performance, Interpersonal Success, Happiness, or Healthier Lifestyles?. Leur conclusion, page 37, tient en deux phrases : « à l'exception du lien avec le bonheur, la plupart des effets sont faibles à modérés. L'estime de soi n'est donc pas un prédicteur ni une cause majeure de presque quoi que ce soit (là encore, à l'exception possible du bonheur). » (nouvelle fenêtre, PDF)

Les auteurs rangent les bénéfices d'une estime de soi élevée dans deux catégories seulement : une initiative accrue et des sentiments agréables. Et ils précisent, dans le même résumé, n'avoir « trouvé aucune preuve que le fait de rehausser l'estime de soi — par des interventions thérapeutiques ou des programmes scolaires — produise des bénéfices ».

La réussite vient-elle de l'estime, ou l'estime de la réussite ?

Le sens de la causalité est en partie inverse du sens commun, au moins en contexte scolaire. Les mêmes auteurs écrivent, dès le résumé de leur revue : « les corrélations modestes entre estime de soi et résultats scolaires n'indiquent pas qu'une estime de soi élevée conduit à de bons résultats. Au contraire, une estime de soi élevée est en partie le résultat de bons résultats scolaires. »

Cette inversion a une conséquence directe sur la manière de s'y prendre, et elle rejoint exactement ce que décrit la suite de cette page : on ne remonte pas l'estime en la visant frontalement, on la remonte par ce qui a lieu. Un fait d'abord, un déplacement ensuite — jamais l'inverse.

Reste une question que ces travaux ne tranchent pas : faut-il en conclure qu'il ne sert à rien de travailler son estime de soi ? Non. Baumeister et ses collègues examinent des interventions destinées à rehausser l'estime de soi comme fin en soi, principalement en milieu scolaire. Ils ne disent rien d'un accompagnement individuel adulte, et rien du coaching, sur lequel il n'existe pas de travaux de ce type. Ce que leur revue interdit, en revanche, est net : personne ne peut vous annoncer qu'en remontant votre estime, vos résultats suivront.

Comment retrouver l'estime de soi, concrètement ?

Retrouver l'estime de soi consiste à créer des faits que le verdict porté sur vous-même n'explique pas — et non à vous convaincre du contraire. Première chose à dire honnêtement : personne ne peut vous promettre de résultat. Se dire « j'ai de la valeur » demande une contorsion — une partie de vous énonce, l'autre n'y croit pas, et c'est la seconde qui gagne. Un verdict sur soi se déplace quand une expérience ne rentre pas dedans.

Comment un verdict sur soi se déplace Trois étapes. Première étape, le verdict : je ne vaux pas grand-chose. Deuxième étape, la règle : à qui appartient ce critère. Troisième étape, l'expérience : un fait qui n'entre pas dans le verdict. C'est à cette troisième étape que l'estime bouge, pas dans la phrase répétée. 1 · Le verdict « je ne vaux pas grand-chose » 2 · La règle à qui appartient ce critère ? 3 · L'expérience un fait qui n'entre pas dans le verdict c'est là que l'estime bouge pas dans la phrase qu'on se répète
Le travail ne consiste pas à contredire le verdict par un argument, mais à créer les faits qu'il n'explique pas.

Les affirmations positives fonctionnent-elles ?

Se répéter une phrase valorisante ne fonctionne pas pour les personnes qui en auraient le plus besoin — et ce point-là est mesuré, pas supposé. Joanne V. Wood, W. Q. Elaine Perunovic et John W. Lee ont publié en 2009, dans Psychological Science (vol. 20, n° 7, p. 860-866), deux expériences sous le titre Positive Self-Statements: Power for Some, Peril for Others. Parmi les participants à faible estime de soi, ceux qui répétaient une affirmation positive (« je suis quelqu'un d'aimable ») ou qui se concentraient sur ce qui la rendait vraie « se sont sentis plus mal » que ceux qui ne la répétaient pas — ou que ceux qui examinaient en quoi elle était à la fois vraie et fausse (nouvelle fenêtre, PDF). Les auteurs concluent que répéter des affirmations positives « peut bénéficier à certaines personnes, mais se retourner contre celles-là mêmes qui en ont le plus besoin ».

Le mécanisme est celui décrit plus haut : la phrase entre en contradiction frontale avec le verdict, et la contradiction ne fait que rappeler le verdict. Une limite de lecture, tout de même — ces expériences portent sur des étudiants, en laboratoire, sur une consigne ponctuelle, et non sur un accompagnement dans la durée. Ce qu'elles établissent suffit pourtant : la phrase répétée n'est pas un point d'appui. D'où les cinq pistes qui suivent, dont aucune ne passe par une formule à se dire.

1. Identifier la règle avec laquelle vous vous mesurez

Écrivez en une phrase ce qu'il faudrait être pour vous trouver acceptable, puis demandez-vous qui l'a prononcée en premier. Beaucoup découvrent qu'ils appliquent depuis trente ans un critère qu'ils ne défendraient pour personne d'autre.

2. Séparer ce que vous faites de ce que vous êtes

« J'ai raté cette présentation » et « je suis nul » ne décrivent pas la même chose : le premier énoncé est un fait, réparable ; le second est une identité, donc indiscutable. Reformuler chaque jugement global en fait précis n'est pas un exercice de style : c'est ce qui, en séance, redonne le plus vite prise.

3. Regarder les faits que vous écartez

Un verdict sur soi tient parce qu'il trie : les preuves défavorables sont retenues, les favorables reclassées en chance. C'est le mécanisme que la recherche appelle self-verification — le besoin de confirmer l'image qu'on a de soi, y compris quand elle est mauvaise — et c'est l'un des trois principes sur lesquels Wood, Perunovic et Lee fondent l'expérience citée plus haut. Noter pendant deux semaines ce que vous avez tenu, refusé, terminé — sans commentaire — fait apparaître ce tri.

4. Réduire ce qui vous compare

On ne raisonne pas la comparaison, on réduit son exposition : moins de flux, moins de conversations qui classent les gens, moins de trajectoires dont vous ne connaissez que la surface.

5. Faire des expériences qui ne rentrent pas dans le verdict

Fabriquer des faits incompatibles avec ce que vous prétendez valoir, c'est le levier sur lequel je m'appuie le plus en séance, et celui dont je constate les effets les plus durables. Aucune donnée publiée ne permet de l'affirmer plus fort que ça. Il ne s'agit pas d'exploits : dire non sans vous justifier pendant vingt minutes, formuler une préférence sans consulter personne, laisser un compliment se poser sans le renvoyer.

Ces cinq leviers viennent de la pratique, pas d'une étude : aucun essai contrôlé ne les a testés. Ce qu'on peut dire, c'est qu'aucun ne repose sur une phrase à se répéter — et ça, c'est mesuré.

Dans ce que j'observe, l'entourage proche rassure plus souvent qu'il ne confronte — c'est ce que fait l'affection. C'est une raison fréquente, pas systématique, de chercher un regard extérieur qui ne vous doit rien — reste à savoir comment choisir un coach.

L'estime de soi peut-elle encore évoluer après 40 ans ?

L'estime de soi augmente en moyenne de l'adolescence au milieu de la vie, culmine quelque part entre 50 et 65 ans selon l'analyse retenue — le chapitre cité donne les deux chiffres —, puis décline au grand âge. La trajectoire normative dessine un U inversé — soit l'inverse exact de ce qu'on entend d'ordinaire sur le sujet.

Ulrich Orth et Richard W. Robins récapitulent ces travaux dans Development of Self-Esteem Across the Lifespan, chapitre du Handbook of Personality Development dirigé par Dan P. McAdams, Rebecca L. Shiner et Jennifer L. Tackett (Guilford, 2019, p. 328-344). Ils y écrivent que « les trois études ont apporté des éléments en faveur d'une trajectoire en U inversé, dans laquelle l'estime de soi augmente de l'adolescence au milieu de la vie, culmine vers 50 à 60 ans, et diminue au grand âge » (nouvelle fenêtre, PDF), et concluent que l'estime de soi « connaît un changement normatif sur l'ensemble du cours de la vie, augmentant sur une grande partie de celui-ci, culminant vers 60 à 65 ans, puis diminuant au grand âge ». La taille d'effet de cette hausse, de l'adolescence à la cinquantaine, se situe, selon les auteurs, entre environ d = 0,30 et d = 0,50.

Trois précautions accompagnent ce résultat. Ces courbes décrivent une moyenne de population, pas une garantie individuelle : une trajectoire moyenne ascendante n'annonce rien de la vôtre. Elles décrivent une évolution spontanée, et non l'effet d'un accompagnement quel qu'il soit. Et elles reposent en majorité sur des populations nord-américaines et européennes.

Leur apport le plus utile est négatif, et il vaut d'être posé. Ces travaux écartent l'idée symétrique qu'on se dévaloriserait mécaniquement à partir de 40 ans. Ils ne disent pas pour autant que l'estime de soi soit malléable à volonté : les mêmes auteurs concluent qu'elle est un construit de type trait, dont les différences individuelles restent relativement stables d'une décennie à l'autre, et que les facteurs d'environnement de la petite enfance expliquent au moins en partie des différences qui persistent à l'âge adulte. Ce qui monte en moyenne, c'est le niveau de tout le monde, pas le rang de chacun.

Faut-il voir un coach ou un psychologue ?

Un coach n'est ni psychologue, ni psychiatre, ni thérapeute : le coaching part d'aujourd'hui et travaille vers un objectif. Il ne soigne pas et ne remplace aucun suivi médical ou psychologique en cours. Autant le dire avant que vous ne réserviez.

Certaines situations demandent autre chose qu'un cap et un plan d'action : une souffrance qui dure depuis des mois, un épuisement installé, un événement traumatique qui revient, des idées noires, une consommation qui a pris de la place, un trouble déjà identifié. Ce sont des motifs de consultation auprès d'un médecin ou d'un psychologue, et le bon réflexe est de commencer par votre médecin traitant, qui saura vous orienter.

Une raison supplémentaire de ne pas laisser traîner. Julia Friederike Sowislo et Ulrich Orth ont publié en 2013, dans Psychological Bulletin (vol. 139, n° 1, p. 213-240), une méta-analyse portant sur 77 études longitudinales concernant la dépression et 18 concernant l'anxiété. Leur résultat soutient le modèle dit de vulnérabilité pour la dépression : l'effet de l'estime de soi sur la dépression (β = -,16) est significativement plus fort que l'effet de la dépression sur l'estime de soi (β = -,08). Pour l'anxiété, les deux effets sont équilibrés (β = -,10 et β = -,08). Autrement dit, une faible estime de soi précède la dépression plus qu'elle n'en découle.

Deux lectures abusives sont à écarter aussitôt. La première : ces coefficients sont faibles, et une faible estime de soi ne condamne personne à quoi que ce soit. La seconde : rien dans ces données n'indique qu'un accompagnement, quel qu'il soit, soignerait la dépression. Le seul usage honnête de ce résultat tient en une phrase — une faible estime de soi qui dure n'est pas un simple inconfort de caractère, et elle mérite d'être prise au sérieux par un professionnel de santé dès qu'elle s'accompagne des signes ci-dessus.

Un manque d'estime ne vient pas toujours de vous, enfin. Il arrive qu'il vienne d'un environnement qui dévalorise. Dans ce cas, le sujet n'est pas de vous réparer, et mieux vaut le nommer tôt.

En quoi un cheval peut-il aider à travailler l'estime de soi ?

Disons-le avant vous : un cheval dans une histoire d'estime de soi, ça peut sembler curieux. Précision d'emblée, avant les trois raisons qui suivent — aucune étude ne mesure l'équicoaching, aucun mécanisme physiologique n'est invoqué ici, et ce qui suit décrit ce qui se constate en séance, rien d'autre.

Il ne sait rien de votre statut

Un cheval n'a aucune idée de votre poste ni de ce que vous pensez valoir. Rien de ce qui impressionne ou flatte les humains n'a de prise sur lui. Ce qu'il vous renvoie ne dépend donc ni de votre fonction ni de votre passé — précisément ce qui manque quand votre valeur est indexée sur ce que les autres savent de vous.

Il réagit à un état, pas à un discours

Le cheval répond à ce que vous dégagez à l'instant : votre rythme, votre respiration, la façon dont vous occupez l'espace. Ce qu'il perçoit exactement, personne ne peut le dire à sa place. Vous pouvez affirmer que tout va bien ; s'il s'arrête à trois mètres, il ne révèle rien de caché — il rend visible un écart entre ce que vous dites et l'état dans lequel vous êtes.

Il ne juge pas, et il ne valide personne

Rien n'est à réussir devant un cheval : il ne distribue ni bonne note ni approbation. Ce point fait écho à ce que décrivent Jennifer Crocker et Lora E. Park en 2004 à propos des relations entre personnes — chercher l'approbation en craignant le rejet produit exactement ce qu'on redoute. Devant un cheval, il n'y a pas d'approbation à obtenir, donc pas de rejet à craindre. C'est un des rares moments, dans ce que décrivent les personnes que j'accompagne, où l'on peut s'exposer sans rien risquer socialement. Leur analyse porte sur des relations humaines ; la transposer à un cheval est une analogie de séance, pas une extension de leur résultat.

Faut-il savoir monter à cheval ?

Non, et vous ne monterez pas. Tout se déroule au sol, sans prérequis équestre, avec Marylou Rivaud-Marantier présente en permanence. Vous commencez à la distance qui vous convient, y compris depuis la barrière. Coaching et équicoaching se combinent, ils ne s'opposent pas : voir le déroulé d'une séance et la comparaison des deux approches.

Par où commencer

Vous n'avez pas besoin d'arriver avec une demande formulée : « je ne sais pas bien ce que je viens chercher » est un point de départ recevable, et fréquent. Le premier échange téléphonique de 20 minutes est gratuit et sans engagement. La séance individuelle d'1h30 est ensuite à 80 €, au Centre — ou en visio pour le coaching. Vous pouvez faire une seule séance et vous arrêter là.

Une limite s'applique à cette page entière, et autant la poser franchement. Aucune des publications citées ici ne porte sur le coaching, et aucune ne mesure ce qui se passe au Centre Equaizen. Ces travaux servent à écarter des fausses évidences et des promesses excessives, pas à valider un accompagnement.

Pour aller plus loin : la page confiance et estime de soi, ce que veut dire lâcher prise, ce que recouvre l'intelligence émotionnelle, les tarifs, les accompagnements particuliers, le Centre et le parcours de Marylou — 13 ans en postes de direction salariée avant de devenir coach et équicoach certifiée.

— Vos questions

Ce qu'on demande le plus souvent sur l'estime de soi

Quelle est la différence entre l'estime de soi et la confiance en soi ?

L'estime de soi est ce que vous croyez valoir ; la confiance en soi, ce dont vous vous croyez capable dans une situation donnée. L'estime porte sur la personne, la confiance sur une action. C'est pour cela qu'on peut être très à l'aise dans son métier et douter en permanence de sa valeur. Précision honnête : cette distinction est une distinction de travail, utile en séance, et non un résultat empirique établi. Timothy A. Judge, Amir Erez, Joyce E. Bono et Carl J. Thoresen ont montré en 2002, dans le Journal of Personality and Social Psychology (vol. 83, n° 3, p. 693-710), que les mesures d'estime de soi et de sentiment d'efficacité personnelle généralisé présentent une validité discriminante relativement faible.

Qui a créé l'échelle d'estime de soi dite « de Rosenberg » ?

Morris Rosenberg, sociologue, alors chercheur au National Institute of Mental Health (il ne rejoindra l'université du Maryland qu'en 1975), dans Society and the Adolescent Self-Image (Princeton University Press, 1965). Elle comporte 10 items et mesure une estime de soi globale, c'est-à-dire le sentiment de valeur personnelle, dans ses versants positif et négatif. Attention à l'homonymie : Morris Rosenberg n'est pas Marshall Rosenberg, psychologue clinicien mort en 2015 et fondateur en 1984 du Center for Nonviolent Communication : son œuvre porte sur la communication et l'empathie, non sur l'estime de soi comme objet de mesure.

Une bonne estime de soi rend-elle plus performant ?

Non, pas selon les données disponibles. Roy F. Baumeister, Jennifer D. Campbell, Joachim I. Krueger et Kathleen D. Vohs ont publié en 2003, dans Psychological Science in the Public Interest (vol. 4, n° 1, p. 1-44), une revue de 44 pages qui conclut, page 37, qu'« à l'exception du lien avec le bonheur, la plupart des effets sont faibles à modérés » et que « l'estime de soi n'est donc pas un prédicteur ni une cause majeure de presque quoi que ce soit ». Les mêmes auteurs relèvent que le sens de la causalité est en partie inverse : une estime de soi élevée est en partie le résultat de bons résultats scolaires, et non l'inverse.

Les affirmations positives fonctionnent-elles ?

Pas pour celles et ceux qui en auraient le plus besoin. Joanne V. Wood, W. Q. Elaine Perunovic et John W. Lee ont montré en 2009, dans Psychological Science (vol. 20, n° 7, p. 860-866), au moyen de deux expériences, que parmi les participants à faible estime de soi, ceux qui répétaient une affirmation positive du type « je suis quelqu'un d'aimable » se sont sentis plus mal que ceux qui ne la répétaient pas ou qui se concentraient sur ce qui la rendait à la fois vraie et fausse. Les auteurs concluent que répéter des affirmations positives peut bénéficier à certaines personnes mais se retourner contre celles-là mêmes qui en ont le plus besoin.

Peut-on vraiment retrouver l'estime de soi à l'âge adulte ?

C'est même l'âge où l'on peut enfin s'y prendre, parce qu'on est en mesure d'interroger des critères qu'on avait acceptés sans les discuter. La trajectoire moyenne va d'ailleurs dans ce sens : Ulrich Orth et Richard W. Robins décrivent en 2019, dans Development of Self-Esteem Across the Lifespan (Handbook of Personality Development, Guilford, p. 328-344), une courbe en U inversé où l'estime de soi augmente de l'adolescence jusqu'à un pic situé au milieu de la vie, puis décline au grand âge. Il s'agit d'une moyenne de population et d'une évolution spontanée, pas d'une garantie individuelle ni de l'effet d'un accompagnement. Aucun accompagnement ne peut vous promettre de résultat.

L'estime de soi diminue-t-elle avec l'âge ?

Pas avant le grand âge, selon les travaux disponibles. Ulrich Orth et Richard W. Robins rapportent en 2019 une trajectoire en U inversé : l'estime de soi augmente de l'adolescence au milieu de la vie, avec une taille d'effet d'environ 0,30 à 0,50, culmine au milieu de la vie, puis décline au grand âge. L'idée qu'on se dévaloriserait à partir de 40 ans ne correspond donc pas à ce qui est observé en moyenne.

Un manque d'estime de soi relève-t-il d'un coach ou d'un psychologue ?

Un coach n'est ni psychologue, ni psychiatre, ni thérapeute : le coaching part d'aujourd'hui et travaille vers un objectif. Quand le manque d'estime s'accompagne d'une souffrance qui dure, d'un épuisement, d'un traumatisme ou d'idées noires, c'est un professionnel de santé qu'il faut consulter. Julia Friederike Sowislo et Ulrich Orth ont montré en 2013, dans Psychological Bulletin (vol. 139, n° 1, p. 213-240), par une méta-analyse de 77 études longitudinales, qu'une faible estime de soi précède la dépression plus qu'elle n'en découle (β = -,16 contre β = -,08). L'effet est faible et ne condamne personne : il justifie seulement de prendre au sérieux une faible estime de soi qui dure.

Combien coûte un accompagnement sur l'estime de soi ?

La séance individuelle d'1h30 est à 80 €, en coaching comme en équicoaching. Les forfaits sont dégressifs : 360 € les 5 séances, 680 € les 10 séances. L'atelier individuel d'une demi-journée est à 150 €. Le premier échange téléphonique de 20 minutes est gratuit.

En quoi un cheval peut-il aider à travailler l'estime de soi ?

Parce qu'il ne sait rien de vous : ni votre poste, ni votre parcours, ni ce que vous pensez valoir. Il réagit à votre état à l'instant — votre rythme, votre respiration, la façon dont vous occupez l'espace. Ce qu'il vous renvoie ne dépend donc ni de votre statut ni de votre passé. Aucune étude ne mesure l'équicoaching : ce constat est un constat de séance, pas un résultat publié.

Par où commencer quand on ne sait pas nommer ce qui ne va pas ?

Par un échange téléphonique de 20 minutes, gratuit. Vous n'avez pas besoin d'arriver avec une demande formulée : « je ne sais pas bien ce que je viens chercher » est un point de départ recevable. On vous dit ensuite franchement si c'est le bon endroit, ou vers qui vous tourner.

Le coaching confiance et estime de soi Le récit d'une personne accompagnée

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— Le premier pas

Un premier échange de 20 minutes, sans engagement

Gratuit, au téléphone. Vous exposez votre situation, on vous dit franchement si un accompagnement peut vous être utile — ou vers qui vous tourner si ce n'est pas le cas.

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